La question de savoir si l'Injil (Évangile) et la Torah (Loi) ont été corrompus ou perdus est une question théologique importante. De nombreux musulmans affirment que les écritures antérieures ont été déformées, mais un examen critique du Coran révèle une perspective nuancée qui suggère le contraire. Nous allons explorer les versets coraniques qui impliquent l'existence continue et l'intégrité de ces écritures à l'époque de Muhammad, remettant ainsi en question l'opinion courante selon laquelle elles auraient été corrompues.
Le Coran qualifie les chrétiens et les juifs de "gens du livre", ce qui indique qu'ils étaient les gardiens des écritures divines.
- Quand on leur dit : "Croyez à ce qu'Allah a fait descendre", ils disent : "Nous croyons à ce qu'on nous a fait descendre", et ils nient ce qui est au-delà, alors que c'est la vérité qui confirme ce qui est avec eux. Dis : "Pourquoi donc avez-vous tué les prophètes d'Allah auparavant, si vous étiez croyants ?". )Al-Baqara 2:91). Ce verset implique que les juifs et les chrétiens possédaient les écritures révélées par Allah, c'est-à-dire la Torah et l'Injil, à l'époque de la révélation du Coran. Un tel commandement manquerait de cohérence si ces textes avaient été corrompus ou perdus.
- "Ô gens du Livre, pourquoi ne croyez-vous pas aux versets d'Allah alors que vous êtes vous-mêmes témoins de ces versets ? (Al-Imran 3:70). Le terme "témoins" indique que les juifs et les chrétiens de l'époque de Mahomet avaient accès aux textes authentiques de leurs écritures.
- "Parmi les gens du Livre, il y a ceux qui croient en Allah, en ce qu'on a fait descendre vers vous et en ce qu'on a fait descendre vers eux, et qui s'humilient devant Allah. Ils ne troquent pas les versets d'Allah pour des gains dérisoires. Ils ont leur récompense auprès de leur Seigneur. Allah est certes prompt à compter" (Al-Imran 3:199). Ce verset utilise le pronom pluriel "eux", suggérant que la révélation divine n'a pas été donnée uniquement à Jésus, mais qu'elle était également disponible pour ses disciples.
- "Comment vous demandent-ils [c'est-à-dire les Juifs] de juger alors que la Torah est avec eux et qu'ils sont sous l'autorité d'Allah ? les Juifs] vous demandent-ils de juger alors que la Torah est avec eux et qu'elle est régie par Allah ?... Nous avons fait descendre la Torah, dans laquelle il y avait une guidance et une lumière par lesquelles les prophètes, qui se soumettaient à Allah, jugeaient pour les Juifs... Nous avons envoyé Isa, fils de Maryam, après ces prophètes, confirmant la Torah qui avait été révélée avant lui, et Nous lui avons donné l'Injil qui contient une guidance et une lumière, et confirme la Torah qui avait été révélée avant lui... Et les gens de l'Injil doivent juger selon ce qu'Allah y a fait descendre..." (Al-Maida 5 :43-49). Le texte présuppose que les juifs et les chrétiens disposent de la Torah et de l'Injil et qu'ils sont censés se conformer à leurs directives. Cette attente serait illogique si les écritures étaient corrompues ou inaccessibles.
- Dis : "Ô gens du Livre, vous n'avez rien sur quoi vous appuyer si vous ne respectez pas la Torah et l'Injil et ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur". (Al-Maida 5:68). Le commandement de maintenir la Torah et l'Injil suggère que ces textes étaient disponibles et non corrompus, fournissant un fondement à la foi et à la pratique des croyants.
- "Si tu as un doute sur ce que Nous t'avons fait descendre, interroge ceux qui ont lu le Livre avant toi. La vérité t'est certes venue de ton Seigneur, alors ne sois pas du nombre des suspicieux. (Yunus 10:94). Ce verset implique que l'authenticité des écritures précédentes peut être vérifiée en consultant ceux qui les ont lues, ce qui indique leur fiabilité et leur présence continues.
Une analyse complète de ces versets du Coran suggère que les écritures de l'Injil et de la Torah n'étaient pas perçues comme corrompues ou perdues à l'époque de Muhammad. Au contraire, le Coran reconnaît leur présence et exhorte les gens du livre à adhérer à leurs enseignements. Cette perspective remet en question la notion courante de corruption des écritures et invite à reconsidérer la relation entre le Coran et les révélations antérieures.